Billets d'Opéra à Rome

Terme di Caracalla


Poltronissima, € 158
A, € 109
B, € 79
C, € 62
D, € 37



La Traviata, Thermes de Caracalla

La Traviata, Thermes de Caracalla

Histoire d’un amour funeste entre un jeune noble et une courtisane, La Traviata de Giuseppe Verdi est largement reconnue comme un chef-d’œuvre du théâtre musical. Inhabituelle pour l’époque car il s’agit d’une tragédie n’utilisant pas de sujet historique pour produire un grand effet dramatique, cette œuvre splendide continue d’attirer les amateurs d’opéra des quatre coins du monde.

Violetta, la femme déchue du titre, est tout d’abord présentée comme l’archétype de la libertine, aux mœurs légères et au grand pouvoir de séduction. Contredisant ce que nous pouvions penser d’une femme de ce genre, Violetta tombe toutefois amoureuse d’Alfredo quand celui-ci s’éprend d’elle.

Quittant la ville pour s’installer à la campagne et rester auprès de son amant, Violetta sacrifie son indépendance et son statut social. Giorgio, le père d’Alfredo, lui reproche cependant de faire honte à sa famille et lui demande de mettre un terme à sa relation avec son fils, alors qu’en vérité ce n’est que la fortune de la jeune femme qui protège Alfredo de la ruine.

Violetta exécute les souhaits de Giorgio. Alfredo, découvrant son départ, croit à tort qu’elle l’a abandonné pour renouer avec sa vie d’avant. Quand il retrouve son ancienne amante, Alfredo explose de colère et lui jette de l’argent à la figure pour payer ses « services ». Se rendant désormais compte d’avoir mal jugé Violetta, Giorgio condamne le comportement méprisable de son fils.

La Traviata s’inspire de La Dame aux camélias, pièce d’Alexandre Dumas basée sur une véritable « marchande de plaisir », Marie Duplessis. La source d'inspiration de Verdi lui a donné les moyens de créer des personnages complets qui se développent tout au long de l’histoire et auxquels le public peut s'intéresser et s'attacher.

Destiné cette saison au cadre époustouflant des Thermes de Caracalla de Rome, La Traviata est créé au Teatro La Fenice de Venise le 6 mars 1853, mais non tel que Verdi l’avait souhaité. Le compositeur n’a ainsi jamais vu son œuvre mise en scène dans le décor contemporain qu’il avait prévu. Les censeurs craignaient en effet que situer l’histoire dans le contexte de l’époque provoquerait un scandale. Heureusement, cette décision n’a pas nui à l’attention avec laquelle Verdi a mis ce drame en musique. De la première à la dernière note, la partition est en parfaite harmonie avec l’histoire et le parcours émotionnel de ses protagonistes.

Verdi a probablement été déçu de ne pas pouvoir présenter son nouvel opéra comme un témoignage sur son époque, mais le charme de La Traviata réside dans quelque chose de plus fondamental que ses accessoires et costumes. Son message universel, selon lequel nous devrions apprécier une personne pour ce qu’elle est réellement plutôt que de baser notre opinion uniquement sur son apparence, est tout aussi pertinent pour nous aujourd’hui que pour ceux qui ont assisté pour la première fois à cet opéra au milieu du XIXe siècle.




image Baths of Caracalla (Terme di Caracalla) / Photo by C.M. Falsini