Billets d'Opéra à Rome

Circo Massimo


Poltronissima, € 132
Settore A, € 96



Il trovatore, Opéra de G. Verdi

Il trovatore, Opéra de G. Verdi

Giuseppe Verdi savait ce qu'il était nécessaire de faire pour obtenir une réaction de son public. Peu importe à quel point l'intrigue est invraisemblable, avec Verdi, on ressent toujours que ce sont les personnages qui comptent le plus. Trouver les moyens d'exprimer leur personnalité, qu'ils soient jaloux, vengeurs, tristes ou amoureux, est justement ce qui a mené le compositeur italien à écrire une musique sublime.

Basé sur une pièce d'Antonio García Gutiérrez et composé sur un livret de Salvatore Cammarano, le drame du Trouvère tourne autour d’une tragédie qui revient à son point de départ dans ses derniers instants. Au début de l'opéra, nous apprenons qu'Azucena, furieuse que sa mère ait été injustement condamnée à mort pour sorcellerie, jette son propre enfant, dans un accès de folie, sur le bûcher funéraire au lieu de Manrico, le tout jeune frère du bourreau de sa mère, le comte de Luna.

Azucena élève alors Manrico comme son propre fils dans le seul but que ce dernier et de Luna deviennent ennemis jurés. Pour empirer les choses, les deux hommes sont épris de la même femme, Leonora. Quand Manrico est capturé par de Luna, Leonora plaide pour la vie de son amant, en offrant son corps contre sa libération. Le comte accède à sa demande, mais lorsqu'il découvre que la jeune femme s'est empoisonnée pour rester fidèle à Manrico, il le condamne tout de même à mort. Ce n'est que lorsque le prisonnier est exécuté qu’Azucena révèle enfin la véritable identité de Manrico.

Célèbre pour l'énergie que dégage son Chœur des bohémiens, l’opéra Le Trouvère (Il Trovatore) donne à chacun de ses quatre personnages principaux, Leonora, Azucena, Manrico et le comte de Luna, des scènes mémorables, Verdi explorant et exploitant leur dimension psychologique. Peu d'opéras peuvent en effet égaler les contrastes dramatiques brillants du Trouvère.

Comparer la tendresse de Leonora se rappelant, dans Tacea la notte placida (La nuit paisible se taisait), de Manrico, le trouvère du titre, lui chantant la sérénade au désespoir d’Azucena repensant à sa mère, brûlée sur le bûcher pour un crime qu’elle n’a pas commis, dans Stride la vampa! (La flamme crépite !) vous donne une idée de la raison pour laquelle Verdi est reconnu comme l'un des véritables maîtres de l'opéra.

Créé au Teatro Apollo le 19 janvier 1853, Le Trouvère revient à nouveau dans la ville choisie pour sa première, cette fois-ci au Teatro Costanzi, l'Opéra de Rome. N'ayez pas peur de mettre un peu votre scepticisme entre parenthèses concernant l'approche particulière d'Azucena à la maternité : la sincérité émotionnelle du Trouvère n'est jamais mise en doute. C'est, tout simplement, une œuvre qui ne manque pas de ravir tous ceux qui y assistent.